Ecriture contrainte - Jour 12

Contrainte : océan, statue, armure, parjure, amour, mélancolie, bal, Transnistrie, orphéon.

J'aime danser.
Vous le savez.
J'ai l'amour de la danse. Je ne rate aucun bal, aucune milonga, aucun moment où les corps peuvent se serrer au son d'une musique langoureuse.
Il y a toujours des sentiments et des sensations divers qui prennent corps. Étrangement, le dernier était de la mélancolie. Un instrument que je ne suis pas parvenu à identifier avait un son qui ressemblait à celui de l'orphéon que notre vieux maître utilisait pour essayer de dégrossir notre culture musicale. En vain.
Je n'avais pas ressenti pareille sensation depuis un certain bal, dans la lointaine Transnistrie de sinistre réputation.
Nous avions traversé l'océan et tout le continent pour amener à Tiraspol la statue du Commandeur Smirnoff.
Tout le monde connait son histoire d'amour pour la Princesse Fessmol. Terrible histoire qui fit de lui un parjure par le reniement de son voeu de chasteté lié à sa fonction de Grand Maître de l'Ordre des Vierges Effarouchées de la Sainte Russie. Mais la princesse n'aimait que les femmes. Cet amour contrarié lui fit fendre l'armure et passer de chaste à pornocrate. Les Vierges Effarouchées dont il avait la garde n'étaient pas si farouches que ça et leur virginité ne fut rapidement qu'une légende urbaine.
Pour fêter sa mémoire et l'installation de la statue, un bal fut organisé dans la grande tradition slave. J'y fis la connaissance de bien belles natives du cru et chaudes du cru également. La nuit fut mémorable et les dernières danses, d'adieu en fait, furent particulièrement mélancoliques. Les nymphes locales, ayant goûté au sens propre du terme, au charme occidental, voulaient repartir avec nous. Ce qui n'était pas possible malheureusement ou heureusement. Là aussi, un orphéon pleurnichard accompagnait leurs sanglots longs. Souvenirs doux et douloureux. Mais c'est la vie. Ça va, ça vient.

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