Ecriture contrainte - Jour 14

Contrainte : Censure, nocturne, tiroir, cheville, lire, voiture, politesse, compter, dessert

La dernière balade

Le Grand Nocturne.. Qui le connaît ? Ceux qui aiment lire la littérature fantastique. Comme moi.
Une littérature qui a connu la censure. Sans doute parce qu'elle dévoilait des secrets qui devaient rester bien enfermés, à l'abri de tiroirs improbables.
Ce Grand Nocturne qui venait me tirer par la cheville la nuit. J'avais beau me débattre, il m'emmenait dans sa voiture. Voiture ? Carriole oui, dont les roues faisaient un bruit strident à glacer le cœur, tirée par une haridelle dont on ne voyait que les os. 
Vous ai-je parlé du Grand Nocturne ? Avec son chapeau rond, ses yeux enfoncés dans des orbites profondes, sa cape noire et sa faux, sa faux immense. Bizarre accoutrement hein ? En Bretagne, on l'appelle l'Ankou. 
Je ne crois pas à ces balivernes. C'est sans doute pour ça qu'il ne m'a jamais fait peur. Il semblait apprécier de discuter avec quelqu'un qui n'avait pas peur de lui. Il prenait son rôle très au sérieux le garçon. 
En tout cas, je pouvais compter sur sa ponctualité. Il me ramenait toujours avant le lever du jour. Rien à dire la dessus. Comme ces virées nocturnes me donnaient faim, j'avalais un reste de dessert avant de terminer ma nuit qui continuaient par une grasse matinée. Vous avez remarqué combien les ados aiment dormir le matin ? Le Grand Nocturne n'y est pas étranger. Demandez leur !
Pourquoi est-ce que je pense à Lui aujourd'hui au crépuscule de ma vie ? Bizarre. 
Tiens ! Une grande faux qui passe derrière la haie.... Un bruit de carriole... En plein jour... 
Toc, toc, toc... 
La porte s'ouvre... 
- Tu viens, dit-il, il est temps pour ta dernière balade.
- Attends, je prends mon écharpe et j'arrive. On va loin ? 
- Pas loin mon ami, longtemps. Longtemps. 
- Bien nous deviserons pendant ce temps. Comme avant. 

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