C'est le Souk ! - Jour 43

Contrainte : Pagaille, galère, chienlit, bordel, foutoir, bin's, merdier, pétaudiere, souk

C’est le Souk !

“Entre voir Baba ! Tu vas trouver quelque chose pour ta madame  chez nous !
Je n’ai besoin de rien et puis c’est trop cher !
Trop cher Baba ! Mais c’est moins cher que gratuit ! Viens voir ! Plaisir des yeux !”
Qui n’est jamais allé dans un Souk ne connait pas cette ambiance bon enfant qui y règne. Bien sûr il faut faire attention mais c’est plus sûr qu’on ne le croit.
Contrairement à la première impression, ce n’est pas la pagaille que l’on pense dans un souk. C’est au contraire très ordonné. C’est extrêmement étonnant. Tout est regroupé par type d’objet : cuivre, vêtements, meubles, vanneries, épices, bijoux.
En fait le souk n’est pas du tout une pétaudière. Il y a une répartition logique. C’est un peu galère pour trouver ce que l’on cherche parfois mais il y a toujours des jeunes pour se proposer de vous guider. Ils vous suivent dès votre entrée dans le souk et n’ont de cesse de vous interroger pour savoir ce que vous cherchez. Si vous leur dites de quel merdier vous êtes en quête, il ont aussitôt un cousin à vous proposer qui vous fera un prix d’ami. Et leur donnera bien sûr une commission en fonction de vos achats.
L’acception du Souk en français est très mauvaise. Ce n’est pas le foutoir que l’on croit. Il y a des règles, des répartitions, des lois.
C’est quasiment une vision colonialiste, voire raciste de croire que dans un souk règne la chienlit ou que c’est un bordel total. J’ai été frappé par l’ordre et les règles qui régissent tous les souks. Les anciens les font régner et ils ne tolèrent pas que la réputation du souk soit entachée.
On ne s’ennuie pas dans un Souk. J’y ai eu de longues discussions de “marchand de tapis” pour arracher le bon prix. C’est un jeu. En écoutant on pourrait se dire, c’est quoi ce bin’s. Mais non, il y a un dialogue. Normé. Le vendeur t’installe, t’offre une boisson, chaude ou froide, prend des nouvelles de ta famille. Tu le remercies, tu prends des nouvelles de la sienne. Le rituel peut commencer. Le marchand te montre la marchandise, vante sa qualité, combien la vie est dure, dit son prix. Toi, tu le traites de voleur, que ça ne vaut pas ce qu’il demande ! Il fait semblant de s’indigner ! C’est de la comédie. Plus les protagonistes s’amuseront et plus le prix sera bon. Il sera fonction du plaisir de chaque participant. Ce n’est pas le produit de la vente qui est important mais le temps passé à discuter et à palabrer. Ca, ça vaut de l’or. Nous avons perdu ce sens de la discussion, de la joute oratoire, du rire provoqué, de la comédie. Oui, j’ai aimé ces moments entre humains qui échangent.

C’est pour ça que pour moi souk ce n’est pas péjoratif. Ce sont d’abord de bons souvenirs, ensuite des achats que je conserve précieusement, non pour leur valeur mais pour les souvenirs qui y sont attachés.

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