Perdu dans le désert depuis trop longtemps - Ecriture contrainte - Jour 35

Perdu dans le désert depuis trop longtemps

Une autruche qui parle !
J’ai abusé de cette eau de vie je crois. Ou je n’étale plus la marée. Ou c’est l’action de la chaleur qui me donne des hallucinations. Il fait au moins 45° à l’ombre, et il n’y a pas d’ombre. Je crois que je vais m’offrir le méga coup de soleil de ma vie de chasseur de mirages.
Chasseur de mirages ! Quelle idée d’avoir répondu à cette annonce : “Tu veux de l’aventure, du rhum, des femmes, de la bière nom de Dieu ! Deviens chasseur de mirage. Si tu n’arrives pas à en attraper tu auras au moins essayé. Formation sur le tas assuré. Envoie un mail à Chassemirage@sahara.org pour avoir les modalités pratiques pour devenir chasseur de mirages”. En réponse à mon mail, j’ai reçu un billet d’avion et des instructions à suivre.
L’affaire me semblant alléchante, j’ai fais ce qui était demandé et me voilà en plein désert à attendre un mirage, mon appareil photo à la main.
Désert, façon de parler. Tout à l’heure un sale gamin est passé. Il voulait que je lui dessine un mouton. Il m’a gonflé un certain temps. Il a fallu que je le menace de coups de trique pour qu’il parte enfin, comme un Prince qu’il a dit même.
Prince ! Un morveux oui ! En haut de la dune, il m’a montré ses fesses et sa bitte en me tirant la langue. Tu parles d’un Petit Prince !
“ Comment reconnaître un mirage ? avais-je demandé.
— Quand il y en aura un, vous le reconnaîtrez ! “
Bon Ok, d’ac ! Je les ai crus. Ils m’ont planté ici, en plein milieu de rien, avec nulle part où m’abriter du cagnard. Je commence à me demander si ils ne se sont pas moqués de moi.
A part ce gamin et cette autruche qui parle qui me suit partout maintenant, je n’ai rien vu d’inhabituel.
Que du sable à perte de vue, à perte de dunes, à perte de lune; à perte de temps. Que du sable.
Ah non, là-bas il y a une grande pierre noire polie, brillante. Je vais peut-être  pouvoir me mettre à l’ombre. Je vais aller voir.
En m’approchant, je la vois mieux. C’est une grande dalle noire, dressée comme un menhir breton mais plate comme une twitta qui ne fait pas de vendredi sein. Bon sang, c’est quoi ce délire. J’en ai des frissons dans le dos quand j’arrive à l’ombre et je sens une moiteur désagréable entre les lobes bâbord et tribord de mon fondement. Ça craint un max ce genre de dalle. C’est pas normal. En plein milieu de nulle part. Ça me rappelle vaguement quelque chose mais quoi ?
J’entends de nouveau le sale gosse parler.
— Il n’a pas voulu me dessiner un mouton !
— Il nous faut ce dessin si on veut ramener sur Bulgroz ce schéma  à notre empereur pour conquérir ce monde ! Essaie encore !
— Ok, mais si il refuse encore je peux le désintégrer ?
— Oui. De toute façon, il doit être perdu et sa disparition ne sera pas remarquée.
— Chouette, je vais en faire du parmentier haché je crois.
Un rai de lumière apparait dans la pierre et une porte s’ouvre. J’aperçois derriere comme une immense salle pleine d’instruments bizarres.
C’est pas possible toute cette histoire ! Je dois être en plein mirage ! Ce qui m’a rappelé la procédure. J’ai appuyé sur le bouton “MagnévouleKu” de la montre 007 qui m’avait été donnée. Avant que le gamin ne se soit aperçu de ma présence, les marines des forces spéciales ont surgi des sables où ils étaient en planque (chapeau, j’avais rien vu), ont abattu le gamin, qui s’est aussitôt désintégré, comme dans le feuilleton “Les Envahisseurs” et ont mis des charges explosives sur la dalle pour faire sauter la porte. Ils ont du mettre une charge trop forte puisqu’ils ont désintégré la dalle. Ce qui a énervé assez sérieusement leur chef quand il est arrivé.
J’ai reçu une médaille, deux litres de flotte, une boussole et un bon pour une visite gratuite d’Eurodisney puis ils se sont tous barrés en hélicoptères.

Je me suis mis en marche en me disant que c’est la dernière fois que je ne passe pas par Pôle Emploi. C’est trop zarbi les petites annonces.

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