On a toujours besoin d’un plus costaud que soi

Jour 87
Contrainte : Salmigondis, pipistrelle, esbaudi, palingredelle, impétigo, poplité, hamamélis, sororité, décadotron.

On a toujours besoin d’un plus costaud que soi

Je n’ai pas eu beaucoup d’animaux de compagnie. Les animaux, c’est fait pour être mangé épicétout !
Mais j’en ai quand même eu un pendant un bref moment. Un, c’était plutôt une. Enfin je ne sais pas, je n’ai pas pensé à vérifier à l’époque. C’était une pipistrelle que j’avais trouvée au bord d’un chemin en me promenant un soir de pleine lune. J’aime bien courir les nuits de pleine lune. j’appelle ça faire mon décadotron ! C’est comme un marathon, sauf que c’est pas pareil. Avaler les kilomètres et m’arrêter soudain pour hurler à la lune la tête en arrière ! C’est cool mais ça fait fuir ceux que je rencontre. Je me demande pourquoi…
Bref, elle avançait en boitillant. Je l’ai ramassée en me disant qu’elle ferait peut être un bon en-cas. Cependant je l’ai regardé de près pour voir pourquoi elle boitait avant de l’avaler.
Beurk ! Elle avait un impétigo bien développé dans le creux poplité de sa patte droite. Pas ragoutant et pas appétissant ! Il allait me falloir la soigner si je voulais la boulotter ! Heureusement je connaissais bien les plantes et j’avais repéré un plant d’hamamélis qui allait pouvoir me servir à lui faire des compresses et à aromatiser sa chair. Je m’en léchais par avance les babines et mes crocs luisaient à la lueur de la lune. J’en étais tout esbaudi à l’idée de ce futur casse-croûte tout en me demandant qu’elle goût elle pouvait avoir ? Peut-être celui du rat ? Oui, elle ressemblait un peu à un rat ! C’est bon le rat quand c’est rôti ! En brochette avec de la moutarde ! J’en salive encore et j’ai les babines qui dégoulinent ! La palingredelle s’agitait en voyant cela et ses petits cris faisaient un salmigondis de semblant de paroles. On aurait cru qu’elle appelait au secours ! J’en aboyais de rire à cette pensée, ce qui ne fit qu’augmenter ses piaillements. Ceux qui ont déjà entendu rire un loup-garou savent pourquoi !
Toute menue qu’elle était je ne m’étais pas méfié qu’elle appartenait à une espèce où la sororité est grande ! Voilà pourquoi je me suis retrouvé entouré par des centaines de ses semblables qui n’arrêtaient pas de voleter autour de moi et que je n’arrivais pas à attraper malgré mes grands coups de mâchoires ! Soudain une plus grosse est arrivée ! Bizarrement elle marchait sur deux pattes et a ramassé la pipistrelle éclopée. J’ai essayé de bondir dessus pour l’empêcher de la prendre mais elle a lancé un drôle de truc qui a lié mes pattes : plus moyen de bouger ! Elle l’a ramassée, mis dans une de ses poches. Et voilà, elle m’a piqué mon 4 heures la déguisée en chauve-souris !, ai-je pensé. Elle s’est approchée de moi, m’a dit d’une voix de basse qu’elle ne voulait plus que je touche à ses copines en me mettant quelques claques à décoller la tête. Bon sang, c’était un travesti ! Puis il m’a détaché, donné un coup de pied au cul et j’ai détalé en poussant des kaï-kaï de terreur ! Malheur, il a fallu que je tombe sur une espèce de serial-killer de loups garous ! C’est bien ma veine ! J’ai appris plus tard qu’il s’appelait Batman ce travelo ! La vache, mes joues se souviennent encore de ses claques !

Depuis je me demande encore quel goût ça peut avoir une pipistrelle ! Mais cette aventure m’en a dégoûté pour le restant de mes jours !
 


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