Tu seras un homme mon fils !

Jour 71

Contrainte : Panurge, bovidés, émancipé, libre, Coït, ouverture, monde, face-sitting, voisins

Tu seras un homme mon fils !

“Viens le bleu, on va te faire découvrir le monde !”.
Ce n’est pas simple d’être le bidou dans un carré d’officiers-mariniers. Surtout sur un bâtiment qui fait le tour du monde ! Il y a toujours des anciens qui veulent te faire découvrir la vie !
En général, j’arrive à me défiler mais ce soir je n’ai pas pu. Maintenant je me trouve bien malgré moi dans cette maison close, un bordel sordide avec une fille qui me regarde bizarrement parce que je ne l’ai pas encore touchée. Elle est jolie mais je n’ai pas envie. Pas comme ça. Elle me dit des choses dans sa langue. Je ne comprends pas. Je ne vais pas lui dire que je ne suis pas un mouton de Panurge et que je ne fais pas ce que les autres font. Elle ne me comprendrait pas.
La soirée avait pourtant commencé tranquillement : apéro dans un endroit sympa. Alcools nouveaux, jolies filles à regarder. Bien agréable après tous ces jours de mer.
Ensuite restaurant local. Pas dans un grand hôtel mais plutôt dans un genre de boui-boui, fréquenté par la population locale. Typique et peu cher. Nous aurons peut-être des soucis intestinaux demain, enfin eux, moi je n’attrape pas la tourista. Je dois être immunisé ! C’est notre façon de pratiquer l’ouverture au monde, cette façon d’être libres de ne pas se conduire en européens et d’adopter les façons de vivre locales.
Après, ils ont tenu à m’amener dans la maison close locale, là où ils vont habituellement quand ils sont en escale ici. Ils veulent “dépuceler” le bidou qu’ils me disent en me fixant avec des yeux de bovidés, tout imbibés d’alcool qu’ils sont. Ils sont persuadés que je suis encore puceau. Ils n’imaginent pas que je puisse être suffisamment émancipé pour avoir déjà laissé à mes souvenirs cet état de ma vie. Il y a bien longtemps que j’ai découvert à quoi peut servir un sexe et quelles sont les joies du coït.
Je les ai suivis pour leur faire plaisir et pour ne pas les mettre en colère. Ils ont choisi leur naya et sont dans la pièce d’à côté. Enfin je dis pièce, en réalité c’est la même pièce avec quelques rideaux qui servent de séparations. C’est une gigantesque partouze en fait, cloisonnée par quelques bouts de tissus. On entend tout. D’ailleurs mes voisins les plus proches sont particulièrement bruyants ! La naya surtout qui parle à ses amies d’une voix claire en riant. Elle leurs parle en éthiopien. Je ne comprends pas. En tout cas, ce qu’elle dit fait rire les filles, y compris la mienne qui pouffe à l’unisson. Curieux de voir ce qui la fait rire, je soulève le rideau malgré ses dénégations et je vois mon patron, enfin pas complètement puisqu’il a la naya qui lui fait un face-sitting qu’il a dû lui demander. C’est cela qui les fait toutes rire. Je comprends leur hilarité. Ce sont pour la plupart des filles qui viennent des campagnes et les pratiques sexuelles des européens leurs paraissent parfois bizarres. Je rabaisse le rideau, demande à la fille de chercher à boire pour elle et moi en lui donnant une somme qui correspond à une passe. Même plus vue la tête qu’elle fait. Elle se précipite pour aller me chercher un coca et un fanta pour elle. Ce soir, elle n’aura pas à faire autre chose que boire avec un type étrange. Mais elle doit se dire que je n’aime pas les filles. Ou penser autre chose. Je m’en fiche, ce genre de pratique dans des conditions aussi sordides, je n’en veux pas. Ils sont suffisamment soûls pour ne pas s’en apercevoir et seront contents demain de pouvoir dire qu’ils ont dépucelé le bidou. Grand bien leur fasse ! Voyons voir si la fille peut m’apprendre quelques mots d’éthiopien.
ቆንጆ ሴት እወዳችኋለሁ






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