En passant... - 105

Contrainte : Rhum, bouchon, anal, bouche, montre, cigarette, vagin, plaisir, crainte

En passant...

Une cigarette à la bouche, assis dans ce restaurant, il n’est pas politiquement correct. Il s’en moque. Il n’éprouve aucune crainte. Ces conventions qui font que tout le monde se précipite dehors entre chaque plat l’horripile au plus haut point. Bien sûr, elle n’est pas allumée. Il ne fume pas. Il n’aime pas ça. Il n’éprouve aucun plaisir à emplir ses poumons d’une fumée malsaine et inutile. Il montre juste son exaspération par l’envahissement de notre vie de tous les jours par les interdictions de plus en plus nombreuses qui nous limitent. Tout est de plus en plus codifié : tu passeras par le vagin plutôt que par l’anal sinon tu iras en enfer et en plus ça fait mal. Mal ? C’est possible. Mais qu’est ce qui ne fait pas mal ? Tu te cognes, tu as mal ! On te cogne, tu as mal ! On te quitte, tu as mal ! Tu te sens seul, tu as mal ! C’est relatif le mal. Très relatif. Mal ? Certains sont résistants ou insensibles au mal. D’autres en éprouvent du plaisir. Cette question restera sans réponse pour lui. Il hausse les épaules. Après tout, il s’en moque. Il se moque de beaucoup de choses. Il verra Véro tout à l’heure. Ils feront l’amour. Encore. Comme à chaque fois qu’il revient d’un voyage lointain. Il sourit. Il a ramené une bouteille de rhum arrangé. Une fois le bouchon enlevé, il la boiront en entier et célébreront Bacchus et Dionysos à la fois, le dieu aux noms romain et grec. Puis ils fêteront Eros et Thanatos à leur façon. En mêlant leurs corps. De toutes les façons possibles. Juste pour dire qu’ils sont vivants et qu’ils se moquent des convenances. A la vie, à la mort, à ce qui nous fait humains ou inhumains, sentimentaux ou avec le coeur sec. Des passants dans ce monde. Libres mais asservis. Esclaves mais rebelles. Complexité des êtres humains...

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