Le con d’Alice, c’est moi ! - 90

Contrainte : Rouge, fauteuil, miroir, raide, frisson, pénombre, perche, piston, poison

Le con d’Alice, c’est moi !

Le piston de la seringue vient de m’injecter le poison que j’ai demandé à avoir. Je suis plongé dans une douce pénombre, assis dans mon fauteuil face à ce grand miroir.
Un frisson me parcourt tout le corps. Je sens qu’il devient raide. J’observe tout cela de loin, comme si j’étais quelqu’un d’autre. Je vais quitter ce monde d’illusions. Rejoindre le Grand Tout de l’autre côté du miroir. Alice me l’a dit et redit. C’est là qu’est le vrai monde.
Mais pour y aller il faut traverser le miroir juste avant de mourir. C’est la méthode. Il faut avoir la foi m’a-t-elle répété souvent dans mon sommeil. J’ai ma canne appuyée sur le miroir. Elle servira de perche tout à l’heure. Le Grand Rouge passera sa main et s’en servira pour m’entraîner de l’autre côté. J’ai hâte d’aller dans la vraie vie, là où elle est éternelle !
Ca y est je vois sa main qui saisit la canne et qui tire. Je suis aspiré vers et dans le miroir. Une forme rouge passe à côté de moi en riant et en disant “Enfin ! Je reviens dans ce monde qui m’a banni ! Ma vengeance sera à la hauteur de mon bannissement ! Immense !”
Qu’est-ce que cette diablerie ! Je ne ressens plus ni frissons, ni raideur, ni imminence de mort ! Je me retourne et je vois comme par une fenêtre. Il y a un diable rouge, hideux, cornu, libidineux et Alice ! Alice que je croyais seulement irréelle, habitante d’un songe prémonitoire ! Elle est bien réelle et s’emploie à satisfaire le Démon qui manifestement était en manque. Ah, la salope ! Elle m’a bien eue ! Mais je suis dans ce monde où le temps n’a pas de prise. Je vais l’explorer !

Je me suis fait avoir ! Ce monde est limité à ce miroir ! Je suis passé d’un monde à 4 dimensions à un autre en 2 dimensions ! Le temps est bien aboli mais je suis devenu une image, un mirage perdu dans le tain derrière le verre. Je vais bien vivre éternellement, mais prisonnier de ce lieu, avec pour seule distraction la vue qui s’expose au miroir. Là, c’est Alice, les mains plaquées sur le miroir, le visage convulsée de douleur et de joie pendant que le Diable Rouge la prend sauvagement par derrière avec son énorme engin ! Diable, il avait vraiment du retard pour être aussi vigoureux ! Alice semble me regarder dans les yeux en riant comme une folle entre deux râles ! Je sais qu’elle ne peut pas me voir mais elle semble se rire de moi !

Dieu, que l’éternité va être longue ! Et ennuyeuse !



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