Il est mort le soleil...


Contrainte : - tant va la cruche à l’eau - pleurer le soleil - le chien aboie - n’amasse pas mousse - un tiens - doucement prononcé - au royaume des aveugles - noyer son chien - quand le merle siffle en mai.

Il est mort le soleil...

Le chien aboie : il est en train de pleurer le soleil, son soleil, son maître qui est parti non pas au royaume des aveugles mais au pays de Kenavo.
Il l'aimait bien ce maître. C'était un maître qui n'aurait pas laissé noyer son chien. Jamais. Il le savait. Il le sentait. Au plus profond de son moi de chien.
Il était arrivé dans sa vie, tout chiot, un printemps, quand le merle siffle en mai. Il avait reçu, en remuant maladroitement et timidement sa queue de chiot, son nom, doucement prononcé pour ne pas l'effrayer. Le maître avait une grosse voix quand il criait. Il aimait cette voix. Elle le rassurait. Il savait qu'il ne l'entendrait plus. Il en gémissait de douleur. Pourtant, elle avait tonné bien souvent quand il faisait ses bêtises de chiot. Mais il avait appris à aimer cette voix qui le rassurait, qui lui disait qu'il était "un tiens" quand il le regardait.
Mais le temps passe et tant va la cruche à l'eau que la clepsydre temporelle finit par déborder. Il est parti dans d'autres contrées où sa moustache n'amassera pas mousse comme elle le faisait quand il buvait sa bière en lui caressant la tête.
Il va lui manquer ce maître. Ce soleil auquel il était attaché. La nuit est venue dans sa vie de chien. Il ne sait plus pourquoi et pour qui vivre. Ce n'est pas simple de perdre son maître, son dieu, quand on est un chien aimant et fidèle.


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