I’m a sailor man

Contrainte : printemps, vigne, marin, daurade, mât, salé, vent, infini et main.

I’m a sailor man

Homme libre, toujours tu chériras la mer a dit Baudelaire qui connaissait aussi bien la mer et les océans que moi la littérature mongole du 16ième siècle avant San Antonio. Mais trèfle de plaisanterie comme disent les joueurs de bridge, ce n’est pas le sujet.
Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer a dit Aristote un soir de printemps, alors qu’il avait abusé de l’Ouzo dans les vignes du saigneur Alexandre le Grand.
Le marin que je suis me suit toujours demandé ce qu’il avait voulu signifier le Totor.
Si aimer humer le vent du large le matin au réveil, s’exposer aux embruns salés, regarder le haut du mât jouer avec les étoiles, alors oui les marins sont différents des autres vivants et des morts.
Si c’est manger la daurade royale dans des bouis-bouis infâmes bien loin des normes HACCP, c’est aussi oui. Les marins aiment le risque et n’ont pas peur de la turista. D’ailleurs, ce désagrément juste bon pour ceux qui sont obsédés par les règles d’hygiène m’est inconnu. Entre parenthèses faire des chichis parce que la crêpe est tombée par terre alors que quelques instants avant on avait les lèvres ou la bouche posés dans des endroits que seuls les sous-vêtements connaissent est assez paradoxal. Fin de la digression.

Oui le marin est à part parmi les hommes. Sa main a connu des rivages qui laisseraient pantois la plupart de ses congénères. Il n’en parlera pas. Mais l’étendue de ses explorations relègue l’Encyclopédie Universalis au rang d’un condensé de la connaissance. Elle donne même une idée de l’infini tant elle a “vu” et sait faire de choses. Si ces mains pouvaient parler, elles en auraient des choses à raconter. Des choses que l’on croit impossibles ou irréalisables. Des choses inavouables. Et qui seront niées puisque inracontables. La mer, c’est un espace de liberté. Elle ouvre des portes sur d’autres, d’autres libertés, d’autres interdictions, d’autres vies, d’autres nous.



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